Il y a cinq ans, j’étais en Colombie. Un an et demi après un départ en tour du monde qui devait durer un an. Comme quoi, les plans ont le bon goût de ne pas toujours se tenir. Entre deux cours de salsa, j’ai créé mon auto-entreprise Marina Liberta pour me lancer dans la rédaction web. L’idée était simple sur le papier : voyager et travailler (ou inversement). Je veux être libre et écrire. C’est ce désir qui m’a poussée vers l’entrepreneuriat, bien avant d’avoir un projet solide, une offre définie, ou la moindre idée de ce que j’allais vraiment faire de ma vie professionnelle. Ce que j’ignorais, c’est que la liberté ne suffit pas. Cinq ans après, je n’ai toujours pas de revenus stables, mais j’ai appris un million de choses. Je t’en raconte une infime partie dans cet article pro très perso.
Ce qu’on ne te dit pas quand tu te lances
Il y a une phrase qu’on voit partout sur les réseaux sociaux, une sorte de mantra bienveillant qu’on distribue comme des bonbons : Fais ce que tu aimes, l’argent suivra (Amen). Je ne dis pas que c’est faux, et je crois même que ça peut arriver. Mais comme toute phrase qui est érigée en vérité, c’est incomplet. Il manque la contre-vérité, dont je te parle aujourd’hui.
Faire quelque chose qui te passionne et en vivre, ce sont deux facettes d’une même pièce, et c’est compliqué d’avoir les deux en même temps. Entre la passion et le revenu stable, il y a des années de construction silencieuse, d’échecs douloureux, de doutes qui arrivent toujours au mauvais moment, et de petites factures à 200 euros qui te rappellent exactement où tu en es.
En 5 ans, j’ai exercé 3 métiers différents. J’ai passé des heures à me former, d’autres à créer 2 sites web, et des dizaines d’heures à me demander sérieusement si je n’étais pas en train de me raconter des histoires. Et pourtant, malgré tout ça (ou peut-être grâce à tout ça), c’est mon expérience professionnelle la plus longue. Et de loin celle où j’ai développé le plus de compétences. Pas les compétences qu’on liste sur un CV, mais celles qu’on porte dans les tripes.
L’entrepreneuriat : la plus grosse sortie de ma zone de confort

Tu sais que ma maison est mon sac à dos depuis plusieurs années, que j’ai traversé des dizaines de frontières, découvert des cultures aux antipodes de la nôtre, visité des endroits dont je ne connaissais même pas l’existence. Pourtant, je l’affirme sans douter : l’entrepreneuriat a été la plus grande sortie de ma zone de confort.
Voyager dans l’inconnu, ça engage ton confort physique, ta logistique, tes habitudes. Mais le tour du monde, c’est du pipi d’chat à côté de l’entrepreneuriat. Vraiment. Car lancer quelque chose qui te représente vraiment, ça engage autre chose de plus intime : ton identité, ta valeur, ta légitimité. Quand c’est toi le projet, c’est toi qui es exposée. Et cette exposition-là, je n’y étais pas préparée autant que je le croyais.
Créer mon auto-entreprise a été comme un voyage dans le voyage.
L’expérience m’a forcée à me regarder en face et m’a challengée avec une précision que je n’avais jamais connue. Chaque obstacle a révélé quelque chose de plus vrai. Chaque peur traversée a construit quelque chose de plus aligné. Ce n’est pas confortable, mais c’est incroyablement formateur.
Le plus bel apprentissage : la patience
On vit dans une époque qui glorifie la rapidité, le succès immédiat, tout ce qui brille et fait rêver. Les success stories émeuvent d’ailleurs sur les réseaux. Mais n’oublions pas qu’encore une fois, on ne voit qu’un côté. Ce que racontent les gens d’eux-mêmes est très souvent raccourci, condensé, édulcoré, débarrassé des années de tâtonnement qui les précèdent. Alors on finit par croire que si ça ne va pas vite, c’est qu’on fait quelque chose de travers.
Faux ! Les choses qui comptent vraiment, les projets qui nous ressemblent profondément, les missions qui nous habitent, ne se construisent pas en quelques mois. Ces entreprises-là se construisent dans la durée, dans la répétition, dans l’échec, dans la capacité d’essayer encore et encore. Pas parce qu’on manque de talent ou de travail. Mais parce que cette quête perso-professionnelle mérite tout le temps qu’il te faudra.
Et à chaque étape de ce long cheminement entrepreneurial, la peur était là. Elle l’est encore à chaque fois. Mais j’ai appris à la lire différemment : je sais désormais que la peur ne signifie pas « fais demi-tour« , mais « tu t’approches de quelque chose qui compte vraiment« . Ce n’est pas une raison de reculer. Au contraire, la peur est une boussole.
As-tu construit ton propre business ? Ou es-tu justement en train de le faire ? Raconte-nous en commentaire 😎
Octobre dernier, tout a basculé
Je me souviens très bien de ce moment où j’ai commencé à vraiment comprendre, et à ressentir cette peur justement. Ce n’était pas une révélation lumineuse, pas un matin où je me suis levée avec une clarté soudaine. C’était plutôt une certitude qui s’est imposée doucement, presque malgré moi : je voulais transmettre tout ce que j’avais traversé, appris, expérimenté au fil de ces années d’introspection. Tout ce travail intérieur que le voyage et l’entrepreneuriat avaient réveillé. Je voulais en faire quelque chose d’utile pour d’autres femmes qui se cherchent.

Ma première réaction n’était pas du soulagement, c’était un sentiment d’imposture. C’est impossible, ce n’est pas pour moi. Qui suis-je pour faire ça ? Cette petite voix intérieure, je la connais bien maintenant. Elle apparaît systématiquement quand quelque chose est vraiment juste. Alors j’ai décidé de lui faire de la place, et de l’écouter pour savoir ce qu’elle avait à me dire. Moi qui parle sans cesse « d’écouter sa propre voix », je n’ai pas été déçue. Oui, j’incarne les messages que je partage sur les fameux réseaux 🙂
D’ailleurs, si tu veux toi aussi te prêter une oreille attentive, télécharge mon guide gratuit sur la voix intérieure.
Pour revenir à ma vie de millionnaire… Un million d’euros, honnêtement, je ne saurais pas vraiment quoi en faire. Mais après un million d’essais, d’échecs, de remises en question et de recommencements, je sais enfin quoi faire.
C’est comme ça que l’Espace Matcha est né. Ça n’est pas venu d’un plan linéaire et parfait, ça ne m’a pas apporté la stabilité financière. Mais c’est le fruit d’une conviction qui refusait de se taire et du courage de l’écouter.
Non, ceci n’est pas un propos anti-salariat
En guise de conclusion, je tiens à préciser que cet article n’est pas anti-salariat, ou anti-CDI, ni une invitation à tout plaquer pour « vivre de sa passion. » C’est un témoignage très personnel de mon parcours professionnel, rien de plus. Une (no) success story à ma sauce, qui résonnera probablement avec d’autres parcours.
Et pour être tout à fait honnête jusqu’au bout : j’envisage de reprendre un CDI à la fin de l’année pour me réancrer dans une vie plus sédentaire, retrouver des collègues en chair et en os, et construire un projet qui répond à mon objectif de ces 5 prochaines années : un équilibre entre travail en ligne et activité présentielle.
Bref, c’était 5 années d’auto-entreprise. Je crois que le mot ne pourrait être mieux choisi. C’est une entreprise de soi à chaque instant. La plus puissante et la plus exigeante des aventures intérieures.
As-tu vraiment cru que j’étais millionnaire ? Bientôt 😉
Sur ce, je t’emmène danser la salsa à Cali, où tout a commencé…

Si tu me découvres avec cet article, tu peux aussi me suivre sur les réseaux et t’abonner à la news :
Je suis Marine, rédactrice web et guide de voyage intérieur.
Depuis fin 2019, j’explore les territoires du monde et ceux de l’invisible : où le voyage est une ouverture aux autres et une rencontre avec soi. Après cinq ans en Amérique latine puis un an en Océanie, je suis actuellement en Asie du Sud-est. Sur la route du retour jusqu’à la maison où je rentrerai en décembre.
N’hésite pas à laisser un commentaire si la lecture de cet article t’a inspiré(e). Namaste !

